LES TROIS PERSONNAGES CLES DE LA FAIENCE DE MOUSTIERS AU XVIIIe SIECLE


Les faïenciers furent nombreux à Moustiers au XVIIIe siècle, mais trois d'entre eux eurent un rôle prépondérant.

 

Pierre Clérissy (1651?-1728) est le pionnier. Il est désigné le 24 avril 1679 comme " fayancier " par le notaire de Moustiers. C'est la première fois que ce qualificatif apparaît dans la petite cité. Pierre Clérissy est le descendant d'une longue lignée de potier de terre. Comment a t-il appris à faire de la faïence ? C'est un mystère non élucidé. En effet il ne semble pas avoir quitté sa bourgade natale et les archives ne permettent pas de retrouver la trace d'un faïencier étranger qui serait venu à Moustiers pour l'initier. A la même époque, son frère Joseph s'installe dans les faubourgs de Marseille, à Saint Jean du désert pour y créer une faïencerie. Le succès de Pierre Clérissy est en grande partie lié à une famille de peintres de grande qualité dont il s'est assuré les services : les Viry. Il restera le seul faïencier de Moustiers jusqu'en 1715. Son fils Antoine et son petit-fils Pierre II poursuivront son œuvre.

Joseph Olérys (1697-1749), natif de Marseille, arrive à Moustiers à la fin de l'année 1737. Il vient de passer dix ans en Espagne. A la demande du Comte d'Aranda, il a contribué à faire démarrer la jeune fabrique d'Alcora dont il a été le directeur artistique et technique. Ce n'est pas un inconnu à Moustiers car il y a séjourné en 1721, travaillant probablement dans l'atelier de Clérissy. Il s'associe avec son beau-frère Jean Baptiste Laugier, un bourgeois de Moustiers, qui lui apporte les capitaux nécessaires à la création d'une fabrique qui ouvre ses portes en 1739. Olérys est très créatif et il renouvèle complètement les décors de Moustiers. Comme il exigeait que ses peintres signent les faïences qu'ils venaient de décorer, son œuvre est parfaitement connue. Il est vraisemblable que les autres fabriques de Moustiers aient adopté ses décors.

Joseph Fouque (1720-1799) fait son apprentissage chez Olérys, où il signe de très belles pièces. Lors de la disparition de son maître en 1749, il s'installe en association avec Jean-François Pelloquin, un cousin qui travaillait avec lui chez Olérys. Les faïences signées par Fouque et Pelloquin sont rares mais toujours d'excellente qualité. En 1783 il achète à Pierre II Clérissy sa fabrique et devient le principal faïencier de Moustiers jusqu'à sa mort en 1799. Il est probable qu'il ait été à l'origine d'une grande partie des nouveaux décors de grand feu créés à la fin du XVIIIème siécle. Il a également fait du petit feu qui, contrairement à une opinion répandue, n'a pas été l'exclusivité des frères Ferrat. Son fils Gaspard lui a succédé.

 


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Les principaux décors des faïences de Moustiers au XVIIIe siècle
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