Les décors historiés en camaïeu bleu sont des scènes de chasse d'après les gravures de Tempesta ou plus rarement des scènes bibliques, ornant de grands plats ronds ou ovales. L'attribution de ces décors à Moustiers repose sur deux plats signés de Gaspard Viry. L'un se trouve au Musée Pastré à Marseille, l'autre au musée de Sèvres. Ces décors sont les premiers décors d'apparat qui furent réalisés à Moustiers. Ils ont été faits à la fin du XVIIe siécle et au début du XVIIIe siècle.

Le décor " à la Bérain " s'inspire des dessins de Jean Bérain, ornemaniste de Louis XIV. Autour d'un sujet central, généralement un personnage mythologique, s'articule un réseau d'arabesques parfaitement symétrique, enrichi d'éléments architecturaux, de cariatides, de bustes et d'animaux fantastiques. Le plus souvent, ce décor est en camaïeu bleu. Moustiers a produit des décors " à la Bérain " pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle. Malheureusement, en dehors de rares pièces sorties de l'atelier d'Olérys, ces décors ne sont pas signés et comme beaucoup d'autres centres en ont faits, les erreurs d'attribution sont nombreuses.

Le décor " aux fleurs de Solanée " comporte des bouquets symétriques de trois ou quatre fleurs se répétant en alternance avec des fleurettes sur l'aile des assiettes et des plats ou sur les pièces de forme, entourant un bouquet plus grand asymétrique. Il ne s'agit pas de fleurs de pommes de terre comme on l'avait d'abord cru mais de fleurs imaginaires. Réalisé le plus souvent en polychromie, ce décor a été produit en grande quantité dans les années 1740-1760. Plus tard il a continué à être largement utilisé mais en camaïeu jaune.

Le décor " aux guirlandes " se caractérise par la succession sur l'aile, parfois en camaïeu jaune, le plus souvent en polychromie de guirlandes de fleurs très finement dessinées. Le centre de la pièce est orné d'une fleur ou d'un médaillon à décor mythologique. Dans les années 1740-1750, le médaillon est souvent réalisé avec beaucoup de minutie. Ultérieurement le dessin se relâche.

Le décor " aux grotesques " est le plus original. Créé par Olérys à son retour d 'Alcora, il représente l'évolution du décor aux chinois utilisé dans la fabrique espagnole. Réalisé en camaïeu ou en polychromie, il comporte de petits personnages burlesques ou des animaux souvent fantastiques disposés sur des terrasses, entourés de motifs floraux. Ce décor aura une grande longévité mais sa qualité se dégradera progressivement pour arriver au décor dit " de Beaucaire " qui n'est que l'ombre des productions initiales.

Le décor rocaille est défini par la présence d'ornements tourmentés qui remplacent les guirlandes. Ils entourent le plus souvent des trophées : drapeaux, tambours et autres attributs guerriers, d'où le nom de " décor aux drapeaux " qui lui est souvent donné. La polychromie est habituelle bien qu'il existe des pièces en camaïeu. Ce décor a été réalisé après 1750.

Le décor aux fleurs naturelles a longtemps été attribué à Montpellier ou à Marseille. Il est composé de fleurs polychromes disposées en petits bouquets. Il a été utilisé à la fin du XVIIIe siécle.

Les décors au petit feu furent la spécialité des frères Louis et Jean Baptiste Ferrat, faïenciers à partir de 1764. Toutefois, il est vraisemblable que le petit feu fut introduit à Moustiers quelques années auparavant. D'autres part, les frères Ferrat ne furent pas les seuls à utiliser le petit feu. Ainsi Joseph Fouque et son fils Gaspard ont signé des décors de petit feu. En camaïeu vert ou en polychromie, on trouve des chinois, des oiseaux branchés, des paysages ou des fleurs. Varages a produit des faïences au petit feu de même décor et de même forme, difficile à distinguer des productions de Moustiers.

Le décor Louis XVI, caractérisé par de petits médaillons, souvent entourés d'un ruban noué, a été longtemps attribué à Allemagne en Provence, mais la découverte de pièces marquées a permis de rectifier cette erreur.

Les décors armoriés ont été produits en grand nombre jusqu'à la Révolution, en combinaison avec les autres décors ou comme seul ornement.

Les décors révolutionnaires sont exceptionnels à Moustiers.
Les décors de grand feu en polychromie douce, attribué à Féraud, qui en a signé quelques-uns, utilisent des couleurs plus claires, en particulier un vert tendre caractéristique. Ils représentent des scènes animées, généralement mythologiques. C'est un décor tardif de la fin du XVIIIe siècle.
